Tell Hazor 2018 : 29e mission de fouilles

Hazor 2018 : 29e mission de fouille

Notre mission de fouilles a commencé le 24 juin et s’achèvera le 3 août.

Il s’agit d’un chantier international où travaillent ensemble archéologues et volontaires venus du monde entier : Etats-Unis, Canada, Afrique du Sud, Suède, Australie, avec bien entendu une équipe française constituée de 33 participants.

Au total, six semaines d’intense travail, de riches découvertes (nous l’espérons !) et de belles rencontres (assurément).

Vous voulez savoir comment s’ouvre et se clôture une journée de fouilles ?
Quelles sont les techniques que l’on utilise ?
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Description du site

Tell Hazor (prononcer « Radzor », façon jota espagnole) est un site archéologique et un parc national situés au nord d’Israël, en Galilée, à 15 kms au nord du lac de Tibériade, dans la verdoyante vallée dite de la Houla.

Qu’est-ce qu’un tell ?

Terme archéologique d’origine arabe qui désigne au Proche-Orient une colline artificielle.

Il est formé au fil des siècles par l’accumulation des vestiges de différentes couches d’habitations humaines, recouvertes de sable ou de terre apportés par les vents.

Il correspond au mot tepe en Turquie (ex. Horoztepe), en Iran (ex. Tepe Hissar) et en Asie centrale (ex. Sapalli Tepe).

Hazor dans l’histoire : une cité plurimillénaire

 Hazor est le plus grand et le plus riche site archéologique datant de l’ère biblique en Israël.

Il couvre une superficie de plus de 600 hectares et son histoire s’étend du IIIe millénaire avant J.-C. (âge du Bronze) au Ier millénaire avant J.-C. (âge du Fer).

Fondée vers 2700 avant J.-C., Hazor était la capitale du pays de Canaan.

Au IIe millénaire avant J.-C., sa population est estimée à 20.000 habitants, ce qui en fait la plus grande et la plus importante cité de toute la région.

Sous le règne des rois David et Salomon, son étendue représente à peu près 10 fois la taille de Jérusalem.

Par ailleurs, sa situation géographique particulièrement stratégique, sur la route reliant l’Egypte à Babylone, lui confère un rôle commercial, politique et diplomatique de premier plan. Ainsi, dans la Bible, le Livre de Josué l’évoque comme étant « la capitale de tous ces royaumes » (Josué 11, 10).

La conquête de la ville par Josué marque le début de l’établissement des Hébreux sur la terre de Canaan, promise par Yahvé à Abraham.

Une fois conquise, la cité est reconstruite et fortifiée par le roi Salomon (dates de règne : 970-931 avant J.-C.).

Elle prospère au Ier millénaire avant J.-C. avant d’être détruite par les troupes assyriennes de Téglath Phalazar III en 732 avant J.-C. lors d’une campagne qui aboutit à la soumission de tous les royaumes de la côte méditerranéenne.

Le site se compose de deux secteurs : une Ville haute correspondant à l’acropole, et une Ville basse entourée de fortifications.

La Ville haute est occupée depuis les premiers établissements humains, datés du IIIe millénaire avant J.-C. (= âge du Bronze ancien) jusqu’au VIIIe siècle  avant J.-C (date de la prise de la ville par les Assyriens).

La Ville basse, quant à elle, est fondée vers le XVIIIe siècle avant J.-C. (= âge du Bronze moyen).

Les deux villes sont détruites violemment au XIIIe siècle avant J.-C. par les tribus d’Israël conduites par Josué.

« En ce temps-là, Josué revint et s’empara de Hazor ; il frappa son roi de l’épée.

On passa au tranchant de l’épée toutes les personnes qui s’y trouvaient en les vouant à l’interdit.

Il ne resta plus aucun être animé et on brûla Hazor. » (Josué 11, 10-11).

Des preuves archéologiques de cette destruction par le feu ont été trouvées en divers endroits du site.

La Ville basse est alors définitivement détruite et seule la Ville haute sera occupée par les Hébreux.

Un site archéologique fouillé depuis le début du XXe siècle

Le site archéologique fut identifié pour la première fois à la cité biblique en 1875 par le pasteur et missionnaire irlandais Josias Leslie Porter.

La première campagne de fouilles est organisée en 1928 par l’archéologue britannique John Garstang. Elle est circonscrite à un périmètre restreint du site.

Puis, des fouilles de plus grande ampleur seront conduites entre 1955 et 1958, et en 1968-1969 par une équipe d’archéologues dirigée par feu Yigael Yadin.

Elles seront reprises à partir de 1990 par le professeur Amnon Ben-Tor.

La session 2018 est la 29e mission de fouilles dirigée par ce dernier.

Ces fouilles sont réalisées pour le compte de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Jusqu’ici, 15 zones de ce site immense ont été fouillées, mettant au jour 21 couches d’habitation nous dévoilant pour chacune, petit à petit, ce que fut l’histoire de la grande Hazor biblique.

Ainsi, les vestiges de temples et de fortifications ont été dégagés, de même qu’un étonnant système souterrain d’adduction d’eau qui témoigne de l’ingénieuse adaptation des habitants à la géographie des lieux.

Une reconnaissance internationale

En 2005, le site de Tell Hazor est ajouté à la Liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, aux côtés de deux autres sites bibliques de renom : Megiddo et Beer Sheba.

Outre l’héritage religieux et spirituel dont le site est porteur, Tell Hazor témoigne d’une civilisation disparue, celle des villes cananéennes de l’âge du Bronze et des villes bibliques de l’âge du Fer. Son développement représente une étape clé dans le processus d’urbanisation du Levant.

Fragment de sphinx égyptien trouvé à Tell Hazor en 2012

Ce fragment représente les pieds d’un sphinx portant le cartouche du pharaon Menkaourê ou Mykérinos.

Il a été retrouvé lors de la mission de fouilles organisée à l’été 2012.

La statue a été probablement cassée délibérément, conformément à une tradition antique qui consistait à briser les pieds et les têtes des statues lorsque les villes tombaient aux mains de l’ennemi.

D’après la taille du fragment, la hauteur totale du sphinx est estimée à 1m.

Les raisons qui ont conduit cette statue à se retrouver si loin d’Egypte demeurent un mystère pour les archéologues. Peut-être était-ce un cadeau du roi égyptien au roi local ?

Nous espérons évidemment retrouver le reste de la statue lors de nos missions de fouilles à venir !

2018-06-28T14:18:10+00:00

Un commentaire

  1. AUBERT Frédéric 26 août 2018 à 16 h 12 min - Répondre

    bonjour, tres intéressé à titre personnel par la période biblique du levant et les débuts de la chrétienté, je serais extrêmement motivé pour participer à de telles fouilles. Agé de 61 ans en parfaite santé et condition physique, ancien chef d’établissement , titulaire d’un DESS d’ingéniérie de l’Education, et désormais retraité, je suis disponible à n’importe quelle période de l’année pour participer à des fouilles, quelles soient les conditions. une réponse dans ce sens serait prodigieuse.
    Dans l’attente,
    cordiales salutations.

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